Foires d'Arts

FIAC: Le retour joyeux du risque au Grand Palais

Photo : Nicolai Hartvig
Adel Abdessemed, 'Taxidermia', chez David Zwirner
Par: Nicolai Hartvig
Publié: 21 Octobre 2010

Photo : Nicolai Hartvig
Robert Longo, 'When Heaven and Hell Change Places', 1992/98

PARIS —

Dehors la timidité et la prudence de la FIAC de l’année dernière ; l’ouverture du Grand Palais hier a dévoilé une abondance d’œuvres risquées qui n’ont pas effrayé les collectionneurs.

Les bloc d’animaux sauvages taxidermés de Adel Abdessemed chez David Zwirner était réservé dans la soirée. L’énorme monstre en spaghettis Le Solitaire de Théo Mercier, chez Gabrielle Maubrie, a vite trouvé acquéreur et attiré des foules au long de la journée. “Il se battaient un peu pour l’avoir,” a dévoilé le personnel du stand. Prix du colosse : 40,000 euros.

Deux sculptures citrouilles de Yayoi Kusama, ainsi que plusieurs de ses toiles, ont aussi été vendues pour 500,000 dollars chacune. La galerie Metro Pictures, qui entamait sa première année à la FIAC, a signée une bonne poignée de ventes dés le matin.

Chez Daniel Templon, on était surpris que la batterie en néon de Ivan Navarro restait, tandis que le beau mixed-média Meditation de Atul Dodiya est parti pour 60,000 euros. Pas de surprise chez Jerôme de Noirmont, qui a vendu cette photo-peinture envoûtante de Audrey Tautou par Pierre et Gilles, partie « dans la seconde » vers une collection américaine pour 100,000 euros.

« Les collectionneurs sont venus de partout, bien que certains ont eu des problèmes avec la grève. Dans l’ensemble, c’est excessivement bien », a déclaré Jerôme de Noirmont.

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Barack Obama : héros, père, verseur d’encre verte..

William Pope.L travaille depuis 11 ans sur son Cusp, plus de 500 dessins accumulés au fil du temps sur des papiers, serviettes ou encore emballages. Une performance de 25 minutes est prévue 3 fois par jour sur le stand de Mitchell-Innes & Nash.

Au milieu de certains dessins accrochés aux cimaises, entre rêve et réalité, 3 performeurs avec un masque de Barack Obama versent de l’encre verte sur une quatrième personne. « Sont au cœur de ce travail, la marque, la trace mémorielle, la souillure et l’espace entre le sommeil et l’éveil alors qu’on oublie ses responsabilités », souligne William Pope.L pour ARTINFO.

Et d’ajouter : « Obama est une icône et une figure liminale dans ce travail autour des questions plus larges du racisme, de l’économie, du communautarisme et aussi de la figure paternelle qu’il incarne. Mais on peut plus simplement penser à lui comme à un héros. Depuis qu’il a été élu, beaucoup craignent l’assassinat. »

En référence au « blanc transparent » de Wittgenstein, l’artiste met en abyme l’absurdité de la discrimination des choses et des hommes par la couleur. « Qu’est-ce que le blanc transparent ? Pourquoi dire de quelqu’un qu’il est noir ? Mais pensez juste à l’absurdité de ce qu’est une couleur. »

La performance utilise des matériaux de la vie ordinaire, bouteilles de vin reconstitué et peluches, beurre de cacahouète étalé sur deux sculptures informes. « L’alcool notamment est un rituel de spiritualité bon marché et abordable, tout comme les cigarettes et la nourriture grasse. Ces éléments de la classe moyenne m’intéressent. »

- Juliette Soulez

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General Idea : Une mutation en trois temps

General Idea rassemblait autrefois trois artistes : AA Bronson, Jorge Zontal et Felix Partz. Ces deux derniers furent victimes du sida. Les galeries Mai.36, Frédéric Giroux et Esther Shipper restituent l’évolution d’une œuvre impliquée dans son époque. Les 70’s et leur esprit communautaire imprègnent Club Canasta, une partie de carte par téléphone. Pour les 80’s, un tableau volontairement inachevé témoigne des restes laissés par la virtuelle Miss General Idea, créée en 1967. Le panneau consacré aux années 90 clôture l’histoire du groupe en reproduisant Un Mois d’AZT dans un format monumental. Le collectif avait travaillé sur le sida dès 1987, en réaction à un Ronald Reagan totalement muet sur la question.

Grégory Picard

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Citation du jour :

“Je ne sais pas combien pèse ‘Le Solitaire‘ mais nous étions neuf pour le déplacer.” - Un assistant de la Galerie Gabrielle Maubrie

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